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22-04-13

Atelier Franck Durand
8, rue Chabanais
75002 Paris

Prolongement esthétique de l’activité de ses occupants, le numéro 8 de la rue Chabanais abrite le quartier général de l’Atelier Franck Durand, directeur artistique et prescripteur d’élégance chargé d’accompagner et d’élaborer l’image de maisons comme Balmain, Isabel Marant, De Fursac, Aurélie Bidermann, Zanotti ou le magazine Man About Town, mais aussi de travailler à la réhabilitation d’un quartier parisien du XVIe arrondissement appelé à devenir, sous le nom de Village Boileau, une synthèse d’urbanisme chic et communautaire.

Au sein des pointilleux bureaux de l’Atelier, l’évidence balaie l’opulence, et le foisonnement s’efface au profit de la recherche. Celle de l’espace, tout d’abord, nécessaire relais des idées que l’on ne sur-domestique pas sans risques, mais également celle des quelques éléments (classeurs en uniforme écarlate, étagères jamais combles, images matrices, œuvres rares mais choisies, sources d’inspiration ponctuelles changeant au fil des humeurs stylistiques) désignés pour ponctuer une harmonie intérieure qui impose ses propres lois, faites de décentrages volontaires, d’asymétrie étudiée et d’équilibres minutieux. Le repaire idoine, en quelque sorte, pour ceux qui cultivent l’art de vivre comme l’art de voir.

Like an attractive extension of its occupants' activity, 8 rue Chabanais houses the headquarters of  Franck Durand's workshop. He is an art director and elegance purchasing adviser in charge of guiding and elaborating the image of houses such as Balmain, Isabel Marant, De Fursac, Aurélie Bidermann, Zanotti or the magazine Man About Town, but also working to restore the Parisian neighborhood of the XVIth district, meant to become, under the name of Village Boileau, a combination of chic and community urbanism.

Inside the meticulous offices of the workshop, obviousness sweeps along opulence and abundance fades in favor of research. The one of space, first of all, compulsory batton of ideas that we cannot over-harness without any risk, but also the one of a few elements (binders in scarlet uniforms, shelves that are never full, matrix images, rare but chosen works and punctual sources of inspiration changing with stylistic moods) designed to punctuate the inner harmony that imposes its own laws, made of voluntary decentering, studied asymmetry and fiddling equilibrium. The appropriate hideout, in a way, for those who cultivate the art of living as the art of seeing.

Photo : Cyrille Robin
Texte : François Blet

18-03-13

Stohrer - Patissier Traiteur
51, rue Montorgueil
75002 Paris

Inaugurée par un artisan royal, transfuge de la cour de Pologne dépêché à Versailles en 1725 dans le sillage de Maria Lesczczynska (épouse de Louis XV), l’ainée des pâtisseries parisiennes et sa haute-lignée de douceurs ne sont pas moins nobles que les bouches autrefois conquises par Nicolas Stohrer, inventeur du baba et père-fondateur de l’inamovible boutique installée au 51 de la rue Montorgueil depuis 1730.

Puits d’amour caramélisés au fer rouge, religieuses interminables et montées à l’ancienne… les recettes du grand ancien sont aujourd’hui exécutées par les scrupuleux dépositaires d’un art insensible au temps comme aux arômes de synthèse,  se déploient avec chic sur des étals où pupilles et papilles sont piégées de concert, et vont jusqu’à se nicher entre les mains des nymphes peintes par Paul Baudry sur les murs de l’endroit au mitan du XIXe siècle.

Petit précipité d’élégance sans âge et de grâce artisanale, dont les babas savamment déclinés, les trouvailles indiscutables ou les marbres clairs sont autant de pare-siècles, ce grand nom du goût parisien ne craint que les révolutions de palais.

The eldest Parisian patisserie was inaugurated by a royal craftsman and renegade of the Polish court, dispatched in Versailles in 1725 in the wake of Maria Lesczczynska (Louis XV's spouse). Its high quality sweets are as noble as the mouths formerly won by Nicolas Stohrer, inventor of baba and founding father of the never-changing shop located 51 de la rue Montorgueil since 1730.

Red-hot iron caramelized puits d'amour, endless cream puffs raised in the traditional way... The grand ancient recipes are executed today by scrupulous agents of an art indifferent to time and chemical aromas. They are displayed with chic on stalls where pupils and papillae are trapped together and squeeze in the hands of nymphs painted by Paul Baudry on the walls of the place in the middle of the XIXth century.

Little precipitate of ageless delicacy and handmade grace, whose babas are skillfully presented, indisputable treasures where light marbles defy time, this great name of Parisian taste fears only a palate revolution. 

Photo : Cyrille Robin
Texte : François Blet

04-01-13

Didier Ludot
125, Galerie de Valois
75001 Paris

Pionnier du luxe à rebours, lancé depuis 1975 aux trousses de la mode fugitive, Didier Ludot effeuille le temps pour mieux rhabiller l’histoire. En bon anthologiste du chic, le collectionneur amoureux de la Galerie Montpensier propose autant qu’il expose les fétiches, les reliques sacrées et les pierres blanches de la haute-couture d’hier ; toutes pièces tombant – selon les règles de son propre darwinisme de tissu- sous le coup de la loi du plus beau.  Frappées par le reflet des jardins du Palais Royal, les vitrines de cet exigeant repère de l’unique,  véritable institution parisienne où la fripe s’invente une particule, balisent à grands renforts de tailleurs Chanel 1960, de robes Courrèges ou de sacs Kelly, un saisissant chemin des fulgurances esthétiques du XXème siècle, et proclament- en racontant également l’histoire d’une ville - que si rien ne se perd, il n’est pas nécessaire que tout se transforme.

Luxury pioneer backwards, launched since 1975 on fugitive fashion's heels, Didier Ludot strips time to revitalize history. As a good anthologist of chic, the collector in love with la Galerie Montpensier offers as much as he exhibits the fetishes, the sacred relics and the white stones of yesterday's Couture ; each piece falling - according to the rules of his own fabric darwinism - under the survival of the fittest.
Striked by the reflection of the Palais Royal's garden, the displays of this unique and demanding den, true parisian institution where the second hand treats itself to a particle, strongly delineated by 1960's Chanel suits, Courrèges dresses or Kelly bags, a amazing path of the dazzling esthetics of the XXth century, and proclaiming - as well as telling the story of a city - that if nothing loses itself, not everything has to transforms itself.

Photos : Cyrille Robin
Texte : François Blet

17-12-12

Les Chandelles
1, rue Thérèse
75001 Paris

Tout est dans le nom. La lumière d’une chandelle condense le secret autour d’elle, quand celle d’un néon balaie les mystères à la hâte. Au premier de la rue Thérèse, sur la piste ou dans un rougeoyant boudoir capitonné, le désir se met en scène et se conquiert sans armes à la main. L’échangisme confidentiel y est un art perfectionné à l’envie, et les fantasmes des vandales charnels sont priés d’y être revus à la hausse ou mûris en substance.
L’érotisme véritable ne se brade pas, il se conduit comme une pièce de musique de chambre, et ne s’offre pleinement qu’aux initiés soucieux de ménager leurs rythmes, leurs rites, et ceux des autres. Havre cinq étoiles du libertinage élégant, tout en velours, en arabesques Art Nouveau et en bacchanales pointilleuses, le club des Chandelles courtise les sens plus qu’il n’en gaspille l’essence.


Everything is in the name. The candlelight condenses the secret around her, when the light of a neon wipes the mystery hastily. At the first of the rue Therese, on the dancefloor or in a reddening padded boudoir, the desire stages itself and wins with no arms in hands. Here, confidential swapping is a perfectionated art to the desire, the carnal vandale's fantasies are requested to be revised upward or matured in substance.
The true eroticism doesn't sell off, it goes like a chamber music play, and offers itself only to the enlightened anxious to to be gentle with their rhythms, theirs rituals, and the ones of others. Five star haven of the elegant libertinism, all velvet, in art nouveau arabesque and in meticulous bacchanal, the club Les Chandelles woos the senses more than it waists the essences.

Photos : Cyrille Robin
Texte : François Blet

30-11-12

Isabel Marant
50, rue Croix des Petits Champs
75001 Paris

New-York, Los Angeles, Hong Kong, Tokyo, Beyrouth…pendant que les boutiques Isabel Marant nourrissent leurs passeports et s’inscrivent sur les frontons outre-nationaux, la maison-mère quitte le onzième arrondissement parisien et prend ses quartiers dans le premier. Distribués sur quatre niveaux, l’atelier, le showroom et les bureaux centralisent les efforts d’une marque qui se disperse avec raison, et lui offrent une colonne vertébrale à son image : ouverte, polyvalente et follement pragmatique.

Entre la beauté imparfaite des dalles de béton ciré, des marches en bois brut et des tables spartiates, quelque chose de propre à l’inspiration de la créatrice - qui ne procède pas des astres mais s’ancre dans le réel – se dégage en transparence. Concret mais sophistiqué, cet espace de 2000 m2 quasi-décloisonné, qui a su fractionner ses volumes sans oublier de respirer, s’adosse parfaitement aux besoins pratiques de ceux qui l’investissent, et omet volontairement tout excès de design à même d’empiéter à la fois sur l’inventivité de l’enseigne et sa nécessaire appropriation des lieux. Un bel écrin pour la petite centaine de personnes chargée de piloter, réaliser et dévoiler le travail d’une maison dont le cerveau initial sait parfaitement que si les trésors d’évidence se trouvent au fond des mines de sel, il faut en soigner les galeries.

New York, Los angeles, Hong Kong, Tokyo, Beyrouth… while the Isabel Marant boutique feed their passport and enter themselves in the overseas pediments, the headquarters left the parisian 11th arrondissement and took its district in the 1st. Organized in four levels, the Atelier, the showroom and the offices centralize the effort of a brand which scatters for a reason, and gives it a spinal column to its image: open, multipurpose and completely pragmatic.

Between the waxed concrete slab's imperfect beauty, the raw wooden steps and the spartan tables, something clean to the designer's inspiration - who doesn't proceed with the stars but settles herself well in reality - gives off in transparency. Concrete but sophisticated, this 2000 square meters space almost de-compartmentalized, which knew how to fractionate its volumes without forgetting to breathe, works perfectly with the practical needs of those who invest the place, and deliberately leaves out any design excess able to encroach upon both inventiveness of the designer and her necessary appropriation of the space.
A pretty box, for the small hundred of persons in charge of managing, achieving and unveiling the work of a house which the initial brain knows perfectly that if the obvious treasures are to be found in the deepest part of the salt mines, you need to look after the gallery.

Photos : Cyrille Robin
Texte : François Blet